
Souvenirs sur Panaït Istrati
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« Georges Ionesco, c’est l’ami dans le sous-sol de qui Panaït Istrati a
écrit ses premiers livres. C’est le bottier de la rue du Colisée, le
‘gnaf’ qu’on rencontre au coin, devant la boulangerie, un pain sous le
bras, une paire de chaussures sous l’autre, et qui, en pleine crise, en
plein chômage, vous prend par le bouton de votre pardessus et vous
chuchote comme un secret suprême : ‘Vous savez? Il n’y a rien de plus
beau que la vie!’
Quand j’ai entendu Georges Ionesco parler
de Panaït Istrati, je me suis dit : C’est trop bien pour en faire de la
littérature. Je m’en vais sténographier cela tel quel. Merci à Ionesco
de me l’avoir permis. Si, comme je m’y suis tant efforcée, j’ai été
fidèle, on sentira, à travers la simplicité de ce langage d’artisan, sa
vie intérieure et son don de poète. »
– Juliette
PARY, Paris, avril 1935.

Panaït Istrati naît en 1884 en Roumanie sur les bords du Danube, fils d’une blanchisseuse et d’un contrebandier grec. A peine quitté l’école, il vagabonde et vit de petits métiers : marchand ambulant, manœuvre, soutier à bord des paquebots... Ses voyages le mènent à Bucarest, à Constantinople, au Caire, à Naples, à Paris et en Suisse. Il parle roumain, turc et grec avant même d’avoir appris le français. Dans les années vingt après de nombreuses turpitudes, il rencontra Romain Rolland qui lui permettra de publier son premier roman, Kyra Kyralina. Écrit à la manière des contes orientaux, Les Récitsd’Adrien Zograffi feront de lui un des écrivains les plus populaires de l’entre-deux-guerre. Compagnon de route du Parti Communiste, il se rendra en Russie avec Nikos Kazazaki en 1927. De ce voyage il tirera un livre, Vers l’autre flamme, écrit aux côtés de Victor Serge et Boris Souvarine. Ce récit est une des premières dénonciations du régime soviétique sous Staline.
Panaït Istrati meurt, isolé et affaibli moralement, de la tuberculose en 1935 à Bucarest.
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