

Spirale, no 292
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L’archive coloniale est le lieu d’une reproduction de la violence. Loin de trouver en elle une possibilité de réparation, plusieurs chercheur·euses et écrivain·es tentent plutôt d’enquêter sur les effacements qu’elle manifeste. Des fantômes émergent de lieux culturellement distincts, esquissant une géographie intercontinentale de l’oubli. Ainsi, on passe des archives de l’État québécois à la Guerre du Saumon de la communauté innue d’Essipit en nommant les pistes ténébreuses de la CIA et la disparition d’un journal antiraciste à Montréal, puis on sonde les héritages politiques des rives d’Ottawa et les rendez-vous sabotés de la mémoire : on voyage du Guatemala à Chicago pour comprendre la lourdeur du vol et les limites de l’écriture, et on retourne en Algérie, jadis haut lieu des luttes anticoloniales, en vue de saisir l’épaisseur de l’oubli, la trahison bureaucratique, et la parole inattendue des lieux et des personnes qui remplacent l’archive. Paranoïa, désenchantement, ironie, excitation liée au papier, sont autant de positionnements explorés dans un dossier où les secrets répondent mieux que les traces.
NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.
