

Je veux toujours mourir l'été
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Dans l’imaginaire collectif, l’été incarne « la belle saison », le soleil galvanisant, les vacances propices aux périples les plus excitants, la crème glacée et la limonade sucrée.
Mais pour beaucoup, l’été n’a rien du bonheur facile qu’on essaie de nous faire avaler comme une évidence. C’est plutôt la saison des inconforts intimes (plaies de frottement entre les cuisses nues, sueur logée dans chaque crevasse du corps), de l’exacerbation de la crise du logement (familles à la rue, hausses de loyer du 1 juillet), et du paroxysme des inégalités sociales (canicules dangereuses pour celleux sans climatisation, vacances cloîtrées faute de moyens, festivals et activités hors de prix).
C’est cette face sombre de la saison lumineuse qu’Alex Viens explore dans Je veux toujours mourir l’été, un recueil de vignettes imagées et sensorielles qui permet une salvatrice révolte contre l’injonction estivale au bonheur. Ambivalente, sa prose, tour à tour poignante et absurde, expose la positivité toxique d’une saison qui, chaque année, constitue une épreuve de force, mais aussi un retour à la vie. Avec une rare finesse pour dévoiler la charge politique nichée dans le quotidien et l’intime, Viens livre un texte bouleversant, sensible, mais aussi comique par moments – comme le sont souvent les expériences du corps et de la précarité.
Accompagné des illustrations douces-amères de l’artiste Rose de la Riva, ce livre accueille le vécu des corps hors normes et marginalisés, offrant un contrepoint nécessaire à l’extase ensoleillée qui colonise les réseaux sociaux de mai à août.
NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.
