
Ramener Léonard
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Couché sur un lit du bloc opératoire, j’étais en paix avec notre décision. J’avais fait le deuil de mon père. On voulait avoir un enfant, Pascale et moi. On se sentait prêts à se lancer dans ce processus qui s’apparentait à une série de coups de dés. Si le chirurgien parvenait à prélever mes spermatozoïdes, on tenterait la fécondation in vitro. Et si ça ne fonctionnait pas, on renoncerait. Ça nous semblait simple.
On n’aurait pas pu anticiper ce qui nous attendait : la violence des examens et interventions auxquels serait soumise Pascale, sa grossesse compliquée qui nous ferait craindre le pire pour elle et l’enfant, et les 95 jours d’hospitalisation de Léonard, notre fils né grand prématuré, à 31 semaines.
En pleine crise pandémique, notre monde s’est rétréci jusqu’à tenir tout entier dans une chambre de l’unité de néonatalogie. On y restait du matin au soir, désemparés, dépossédés de notre rôle de parents et de la joie qui aurait dû être la nôtre.
Entre les soins nécessaires à la survie de notre fils et l’impression qu’il devenait un cobaye pour la recherche médicale, un besoin de plus en plus fort nous animait : ramener Léonard à la maison.
NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.