

Petite carcasse
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De l’autofiction à la science-fiction, il n’y a qu’un pas, que Catherine Beau-Ferron franchit sans gêne. Petite carcasse nous entraîne dans une enquête vaseuse à propos des trous noirs et de leurs impacts, et tente de prouver comment il est possible de piller une âme sans jamais hausser la voix. Amnésique et confuse, la narratrice essaie de comprendre ce qui l’a (presque) détruite en s’appuyant sur le peu de preuves qu’elle possède : son corps, quelques archives médicales, la densité de l’air et son envie d’en fnir. Fragments d’histoire et illustrations s’entrelacent parmi les fougères, les rochers tranchants, la vie sous-marine et les amours vraies. On y découvre une version parallèle des paysages du haut du fleuve : tout y est légèrement décalé, plus sombre, fantomatique — là où se cache peut-être un réponse au doute. Un récit qui dissèque la violence conjugale sous l’une de ses formes les plus insidieuses, tout en mobilisant le monde minéral. Par la métaphore de l’érosion et des trous noirs, Beau-Ferron déploie une atmosphère à la fois scientifque et onirique, où se racontent l’absence à soi, la confusion et la détresse.
Un trou noir est un objet céleste si compact que son champ gravitationnel est irrésistible. Il boira toute la lumière se trouvant à sa portée. L’air autour de son orbite devient vaseux. Les membres bougent au ralenti, comme dans les cauchemars. Il faut savoir que certains trou noirs se baladent dans la rue, baisent, préparent de la quiche. Aucun rayon ne leur échappe. On dit que de tels objets, puisqu'ils ne peuvent ni émettre, ni diffuser de la lumière, sont optiquement invisibles.

Catherine Beau-Ferron est une militante, artiste visuelle et autrice d’origine montréalaise qui réside en Gaspésie. Elle a publié dans des ouvrages collectifs (Écosociété, Remue-Ménage).
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