

Nous, la braise
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À la fin du siècle dernier, des mères ougandaises racontent des légendes à leurs filles. Ces contes, peuplés de poissons-chats et de femmes-coqs, agissent comme des talismans, puis, lorsque leurs enfants sont enlevées, comme des cartes qui leur montrent le chemin du retour. La route sera longue; les filles – Maggie, Helen, Miriam, Susannah – grandissent au milieu des kalachnikovs, des montagnes, des os et des rivières. Lorsqu’elles reviennent, elles sont des femmes.
Dans Nous, la braise, la poétesse et romancière canado-ougandaise Otoniya J. Okot Bitek rassemble des récits de filles-soldates enlevées par l’Armée de résistance du Seigneur durant les années 1990. Des récits qu’on pourrait croire trop durs, mais dans lesquels l’écriture sensible et éminemment poétique de l’autrice nous permet d’entrer tout naturellement, jusqu’à être happé·e·s par les souvenirs, les rêves, la colère, les blessures et les victoires des protagonistes. Sans jamais gommer la vérité, le roman fait émerger la beauté et la lumière de ces trajectoires héroïques, et toute la force des femmes qui sont revenues pour, à leur tour, raconter leur histoire.
En ces temps où la guerre continue de ravager les peuples, Otoniya J. Okot Bitek livre un roman essentiel, qui agrandit à jamais le cœur de la personne qui le lit.

Otoniya J. Okot Bitek
Membre du peuple Acholi, Otoniya Juliane Okot Bitek est née au Kenya de parents ougandais et vit au Canada depuis plus de 30 ans. Les violences et les exils qui ont marqué sa région natale traversent son travail d’autrice depuis son premier recueil de poésie, 100 Days, qui réagissait au 20e anniversaire du génocide rwandais. Ce recueil a remporté le Prix du livre de l’année INDIEFAB dans la catégorie Poésie et le prix Glenna Luschei de poésie africaine. Son deuxième recueil, A Is for Acholi, a remporté le prix de poésie Dorothy Livesay en 2023. Nous, la braise est son premier roman.
Valérie Bah
Écrivaine, traductrice et artiste multidisciplinaire, Valérie Bah est notamment l’autrice du recueil de nouvelles Les enragé·e·s, dont la version anglaise (The Rage Letters, traduction de Kama La Mackerel) a remporté le prix Lambda. Parfaitement bilingue, elle écrit dans les deux langues et œuvre présentement à la traduction vers le français de son roman anglais Subterrane. Son travail se nourrit de la pensée féministe noire, de la résistance afro-queer et d’un désir de créer des ponts intergénérationnels par la mémoire.
NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.
