
Géographie de la domination
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« L’accumulation du capital a toujours été une affaire profondément
géographique. Sans la possibilité de l’expansion géographique, de la
réorganisation spatiale et du développement géographique inégal, le
capitalisme aurait depuis longtemps cessé de fonctionner en tant que
système économico-politique. »
Partout et
constamment, la logique de l’accumulation capitaliste bouleverse les
équilibres économiques et politiques, la technique et le travail,
l’environnement et le climat, les sociétés et les formes de vie. Le
capitalisme est, à quelque échelle qu’on le considère, un système de
production de l’espace, c’est-à-dire un pouvoir de façonner les lieux,
de modifier en profondeur les paysages, de transformer les rapports
spatio-temporels. L’uniformisation du monde par le marché implique en
effet une incessante prolifération des différences – économiques,
sociales, géographiques, culturelles, géopolitiques. Ce dynamisme même
fait du capitalisme un ensemble instable, en proie à des crises
chroniques, perpétuellement contraint d’inventer des « solutions
spatiales » aux contradictions qui le minent et aux catastrophes
diverses qu’elles engendrent.
Production et destruction,
homogénéisation et différenciation : pour comprendre un capitalisme
désormais planétaire, donc se donner les moyens d’en sortir, de briser
les rapports inégalitaires qui le fondent, il est essentiel de saisir
les logiques spatiales de ce mode de production. C’est à cela que nous
invite l’œuvre du géographe David Harvey, à laquelle ce livre se veut
une introduction accessible.

Chef de file de la géographie radicale, David Harvey est professeur dans le département d’anthropologie de la City University of New York. Plusieurs de ses livres ont été publiés aux éditions Amsterdam, parmi lesquels Les Limites du capital (2020) et Le Capitalisme contre le droit à la ville (2011).
NB : Les prix indiqués sont sujets à changements sans préavis.

